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    March 29

    Moustachu et pour cause

    Jacques Brassard, ancien ministre péquiste, en a ahuri plus d'un avec ses prises de position antagonistes depuis sa retraite politique. Enfin, un journal y a vu tout le potentiel non seulement informatif, mais aussi désopilant. Le Couac nous offre une symphonie de la bêtise: "Moustachu et pour cause".
    Vous le connaissez sans doute. C’est cet ancien ministre du PQ. Celui avec la moustache. Celui qui écrit maintenant dans Le Quotidien de Chicoutimi. [...] Le pauvre retraité ne va pas bien, il souffre. C’est du sérieux. [...] Chose certaine, il se sent persécuté, constamment. Il a peur, vraiment peur de tout et de n’importe quoi. Il a peur des socialistes, il en voit n’importe où : chez les journalistes, les enseignants, les universitaires, les artistes, les dirigeants politiques. Pour lui, il le dit sans rire, Bill Clinton est de « gauche » ... Même son ancien parti, le PQ, serait « ensorcelé » - à cause des sorcières sans doute- par les idées socialistes. Essentiellement, le parti serait contrôlé par un « véritable commando bien organisé d’experts propagandistes », le SPQ-Libre, et tout le mouvement souverainiste serait « largement contaminé par la propagande socialo-communiste » . Et il fait une impénétrable fixation envers Lise Payette. Il parle d’elle dix millions de fois... Enfin, sur 90 articles il en parle au moins 12 fois... Il doit imaginer cette dangeureuse communiste dans ses cauchemars. Dans une pièce sombre, avec Lénine et Françoise David, il la voit aiguiser sa faucille et préparer l’insurrection ... Ce doit être un trouble post-traumatique ou quelque chose du genre. [...]
     
    Quoi encore ? Ah oui, les gais. Ils doivent alimenter ses fantasmes conservateurs ou quelque chose du genre. Chose certaine, il en a peur, terriblement. Dans son monde, les gais forment une « véritable franc-maçonnerie puissante » qui ne tolère pas le débat et qui remet en question « la structure fondamentale de l’organisation sociale » : le mariage .

    Ce n’est vraiment pas drôle. Heureusement, il n’est pas seul. De temps en temps, il fait une douce prière en pensant à ces hommes qui ont façonné notre grande et blanche civilisation : Henri Kissinger (ce « brillant stratège politique »), Ronald Reagan (ce « champion de la liberté dans le monde »), Jean-Paul II [...]

    On a ensuite droit au "lexique" de Mônsieur Brassard, citations à l'appui.

    SOLUTION ENVIRONNEMENTALE : « plus une économie se développe, plus les pollutions se résorbent et disparaissent. Plus la richesse d’une société augmente et plus la qualité de l’environnement s’améliore » (19 avril 2006).

    MONDIALISATION ÉCONOMIQUE : phénomène qui « fait reculer la pauvreté, provoque une croissance des revenus et augmente l’espérance de vie chez les peuples qui s’y engagent résolument ». (13 juillet 2005).

    ENJEUX : « Il y a d’un côté, le fascisme islamiste et tous ceux qui le tolèrent par lâcheté ou par idéologie ; et de l’autre, il y a, comme tout au long du XXe siècle, le camp de la liberté avec, heureusement, l’Amérique à sa tête » (18 novembre 2004)

    Cela nous aide à comprendre la maladie de la moustache.
     
    Les socialo-communistes du PQ... Alors que, de nos jours, on voit toutes sortes d'analyses contradictoires sur les raisons de la défaite du PQ, nous voici un nouveau prophète.
     

     
    Ressources:
    * Moustachu et pour cause dans Le Couac (l'article complet)
    * Entrevue avec Jacques Brassard aux Francs-Tireurs de Télé-Québec
    * Jacques Brassard sur Wikipédia

    Des stratagèmes et des hommes

    Alors que Stephen Harper dirige le coeur de la réjouissance canadienne anglaise du coup "fatal" à l'hydre séparatiste, je pose une question.
     
    Quand Mario Dumont change d'idée pour plaire aux gens (accomodements raisonnables, question nationale...), on dit qu'il est un "opportuniste" (avec raison).
     
    Quand Stephen Harper change d'idée pour plaire aux gens (déséquilibre fiscal, nation québécoise, ouverture au Québec, environnement...), on dit qu'il est "fin stratège".
     
    Pourquoi?
    March 27

    Mononc' Serge ne s'est pas suicidé, et vous n'en ferez pas davantage

    J'ai aujourd'hui reçu ce courriel de la part d'un dénommé Serge Robert, alias Mononc' Serge. Le trublion lyrique envoyait aux abonnés de sa liste d'envoi sa vision de l'élection et le jet d'inspiration que la campagne lui a donné.
    Sujet: Suicide?
     
    Salut!

    Non, je ne me suis pas suicidé suite aux résultats électoraux d'hier soir, rassurez-vous. Même que pour souligner le triomphe de l'ADQ, mon spectacle en groupe change de nom et s'appelle désormais "Mononc' Serge et les Accommodements Raisonnables". Nouveaux costumes, nouvelles présentations, nouvelles chansons s'ajouteront progressivement au cours des prochaines semaines. Je devrais avoir un show passablement transformé d'ici l'été.
    Je ne pouvais, mais ne pouvais pas m'arrêter de rire.
     
    Crisse qu'on a besoin de ça aujourd'hui.
     
    Cela m'offre l'opportunité d'aider notre Oncle Serge, un musicien et parolier de mérite (et, ah oui, un fou), en donnant l'horaire de ses 'pestacles' à venir.
     
    • Samedi le 31 mars, Saint-Jérome, Café d'en Face
    • Vendredi le 6 avril, Acton Vale, Café Bistro
    • Samedi le 7 avril, St-Fortunat, Auberge St-Fortunat
    • Jeudi le 12 avril, Clermont, Resto Bar l'Évasion
    • Vendredi le 13 avril, Sept-Îles, Bar Archie
    • Samedi le 14 avril, Baie Comeau, Bar l'Entre pot
    • Samedi le 28 avril, St-Félicien, CEGEP
    • Dimanche le 29 avril, Montréal, Café Chaos
    • Vendredi et samedi les 15 et 16 juin, Tadoussac, Festival de la chanson
    • Vendredi le 22 juin, St-Césaire, Vieux Couvent


    Ressource:
    * Site web de Mononc' Serge

    Honneurs

    Après avoir vécu une campagne enlevante et secouante (vers le haut et le bas), après l'avoir vécu de l'extérieur du citoyen et de l'intérieur comme militant et travailleur d'élections, je dois sereinement saluer l'effort de tous les partis (PQ, ADQ, PLQ, QS, PVQ, même les plus petits: démocratie chrétienne, marxiste-léniniste, etc.), de tous les chefs (Messieurs Dumont, Boisclair, Charest, Khadir, McKay, Madame David, et les autres) de tous les candidats (même les indépendants), de tous les espoirs à travers les spectrums politiques (national comme socioéconomique).
     
    Je respecte l'espoir. Je conteste les objectifs. Et je contesterai.
    March 22

    Richard Martineau prend position

    Le boutte

    Ça fait des mois que Jean Charest dit que sa priorité est la santé.
    Et maintenant qu'il reçoit des millions de dollars d'Ottawa, il met cet argent-là où? Dans le système de santé?
    Non: dans des baisses d'impôts! Pour acheter des votes, bien sûr...
    Les Canadiens anglais sont furieux. Imaginez: ils paient des impôts à Ottawa, qui envoie cet argent au Québec, pour que les Québécois paient moins d'impôts!

    Attaboy, Johnny!
    Juste pour ça, le chef du PLQ mérite de perdre ses élections et de se faire foutre dehors de son parti.
    Il y a un boutte à la mauvaise foi!!!
    (Richard Martineau)


    * Le boutte sur le blogue de Richard Martineau

    Citation du jour: Mike & Mario

    Réaliser tous les engagements de l'ADQ en neuf mois, comme M. Dumont prétend le faire, n'est imaginable que dans la mesure où on administrerait au Québec une médecine semblable à celle à laquelle avait eu droit l'Ontario de Mike Harris. [...]
     
    M. Charest avait toujours assuré que toute marge de manoeuvre additionnelle serait d'abord utilisée pour améliorer les services. Privilégier les baisses d'impôt vient donner raison à tous ceux qui prétendaient que le déséquilibre fiscal était un mythe. [...]
     
    Au chapitre de l'éducation postsecondaire, la réponse d'Ottawa n'a pas été à la mesure des attentes. Logiquement, au moins une partie des 700 millions de dollars en «argent neuf» aurait dû être utilisée pour pallier ce manque. D'autant plus que le PLQ a décidé d'exiger une plus grande contribution des étudiants.

    Au bout du compte, la seule différence avec 2003 est que M. Charest a décidé de ne pas attendre les élections avant de manquer à ses promesses. D'une certaine façon, on peut parler de transparence.
     (Michel David, Le Devoir)

     
    Référence:
    * Peter Pan dans Le Devoir
    March 21

    Scoop électoral 2007!

    Scoop électoral! Petit exercice de journalisme citoyen: j'ai découvert ce que mange le Parti unitaire du Québec en hiver. "Le quoi", dites-vous? Ah, y'a ben quelques uns d'entre vous qui se sont rendus sur le site du Directeur général des élections du Québec pour zyeuter les partis politiques officiellement reconnus en notre Québec (celui que "nous reconstruisooooons").
     
    Combien y en a-t-il? Allez, devinez. Y'en a douze. L'un de ces partis se nomme le "Parti unitaire", fondé en 2005. Il est basé dans ma ville d'origine, Trois-Rivières. Comme je suis attaché à l'idée qu'en démocratie, il faut étudier tous les choix qui s'offrent à nous, j'ai décidé d'enquêter. Voici les découvertes que j'ai fait suite à ma discussion avec le chef du parti.
    Parti unitaire du Québec
     
    Positionnement général:
       Le chef se déclare nationaliste et centriste.
     
    Relations avec les autres partis:
       Le chef se dit ancien péquiste. Il croit que le Parti Québécois après Lévesque est sur un déclin semblable à celui de l'Union nationale après Duplessis. Il voit le PQ comme un parti "infiltré" par les chefs syndicaux et semble voir un accroissement de ce phénomène depuis René Lévesque (ce qui me semble à l'opposé de toutes les analyses). Il ne démontre pas beaucoup de confiance en André Boisclair. Il déplore les actions péquistes telles que les fusions municipales, les dépassements de coûts du métro de Laval et la Gaspésia.
       D'emblée, il s'est opposé à l'ADQ dans notre conversation. Il la qualifie de l'extrême de la droite et s'est désolé de sa montée, déclarant que les électeurs ne connaissaient pas bien son programme. Pourtant, ses propres idées comportent plus d'une similitude avec le parti de Dumont. Il semble opposé au PLQ, qu'il dit de mèche avec le secteur financier qui l'assure d'excellentes finances de parti.
     
    Question nationale:
       Auparavant, la seule information que j'avais pu dénicher sur ce parti était qu'il se considérerait comme souverainiste. J'avais trouvé cela sur l'utile site nommé QuébecPolitique.com. Ce n'est pas si clair quand on parle au chef. Il nous dit que le site les identifiait avant (et "les" est un bien grand mot, vu la taille de l'équipe) comme "fédéralistes centristes", et qu'il avait fait changer ça. Le chef dit ouvert à discuter de souveraineté éventuellement, mais ne veut pas entendre parler de référendum pendant le premier mandat.
     
    Question sociale:
       Le chef s'inscrit contre ce qu'il nomme les "accommodements déraisonnables". Pour le jeu, il est en faveur d'une modération graduelle et croit qu'on aurait du fermer les hippodromes car "on est rendus avec des voitures maintenant". Sur les questions sociales telles que l'avortement et le mariage gai, il demeure vague, disant que cela relève du fédéral. Il se dit toutefois contre l'adoption par les couples homosexuels, la considérant "contre-nature". Hum, le métier de politicien n'est pas tout à fait bien rentré encore...
     
    Question économique:
       À propos de l'intervention de l'état, il répond qu'il faudrait faire du "ménage" dans les finances publiques... mais sans détailler.
     
    Question judiciaire:
       Le chef dit que la position du Parti unitaire en matière de justice n'est pas la même que l'ADQ... mais qu'elle n'est pas si différente que ça en fait. Il nomme une chose qui le turlupine: les recours en appel répétés. Il réduirait donc les possibilités d'aller en appel.
    Le chef du parti a 71 ans. Il comptait travailler le comté dans Portneuf comme le candidat unique du parti (est-ce la signification derrière le nom "unitaire"?). Toutefois, on lui a malheureusement annoncé un cancer du colon (je lui ai offert mes meilleurs voeux de bonne chance, comme il se doit). Il a donc annulé ses plans: le parti ne présente personne en 2007. Il croit qu'il y a de la place pour un parti comme le sien au Québec. Une assemblée exécutive aura lieu d'ici deux à trois semaines pour décider de l'avenir du parti.
     
    Eh voilà! Alors, quand on demandera dans vingt ans, en regardant la liste des partis ayant étés enregistrés au Québec: "Le Parti unitaire, quessé ça?", ce blogue aura réussi à inscrire la réponse pour la postérité. À moins qu'on soit alors déjà gouvernés par une administration "unitariste"!
     

     
    Ressources:
    * Journalisme citoyen sur Wikipédia
    * Parti unitaire du Québec sur QuébecPolitique.com
    * Parti unitaire du Québec sur le site du Directeur général des élections du Québec
    * Rapport financier du Parti unitaire du Québec sur le site du Directeur général des élections du Québec

    L'État en question

    L'État en question: Le Québec sous un règne néolibéral. Voici un documentaire fort intéressant, armé d'arguments probants, sur le néolibéralisme prôné par le Parti libéral ET l'Action démocratique du Québec. Je l'ai placé sur YouTube et depuis, il gagne un certain succès, s'étant jusqu'à maintenant rendu à 1000 visionnements pour la première partie. Utilisez ce film comme coffre à outils pour convaincre vos proches de battre la droite.
     
    Première partie: Revoir le modèle québécois
      
     
    Deuxième partie: Baisser les impôts
      
     
    Troisième partie: Réduire l'état
      
     
    Quatrième partie: Tout à l'entreprise
      
     
     Cinquième partie: Décentraliser à tout prix
      
    March 16

    Trois petits points: La voix adéquiste

     
     
    Fort pertinent, mais j'aurais aussi vu un demi-tour.
     

     
    Source:
    * Canoe.qc.ca

    Tour d'observation - Machine à langue de bois: Les yeux bridés (retour)

    Petit retour sur le billet précédent. On en a entendu des raisons diffamantes de traiter d'intolérant les chefs indépendantistes, mais celle-là est toute une trouvaille. Bien-sûr, quand il s'agit de salir le mouvement, ou la nation dont il est issu, la presse canadienne anglaise s'embarasse rarement de nuances. Ou de bonnes traductions.

    Le leader péquiste ne voit aucune raison de s'amender, lui qui avoue utiliser fréquemment l'expression «yeux bridés» pour parler des citoyens d'extrême-orient. Si l'image a une connotation péjorative en anglais, slanting eyes, ce n'est pas le cas dans la langue de Molière, a tenu à préciser M. Boisclair. 

    Mais il semble y avoir ici une histoire de basse rancune. Ce qui est irresponsable pour tout porte-parole d'un organisme représentant un groupe.

    Du reste, l'outrage affiché par M. Niemi a bien peu à voir avec la défense de la dignité des personnes originaires d'Asie, estime M. Boisclair, qui soupçonne plutôt une manoeuvre politique.
    Sans en préciser la nature, le leader du Parti québécois a soutenu qu'un différend d'ordre politique l'oppose depuis des années à M. Niemi.
    De fait, ce n'est pas d'hier que les relations sont tendues entre M. Niemi et le Parti québécois. Il y a plus de dix ans, en 1997, le gouvernement dirigé par Lucien Bouchard avait sabré dans la subvention allouée au CRARR.
    À cette époque, André Boisclair était le coupable tout désigné, à titre de ministre responsable de l'Immigration et des relations avec les citoyens.

    Je suis heureux de constater que tous les chefs des trois dits "principaux" partis se sont édifié dans cette histoire.
    Fait à noter, le chef péquiste a obtenu l'appui de ses deux adversaires, le chef adéquiste Mario Dumont et le chef libéral Jean Charest. Ces derniers ont tous deux indiqué connaître suffisamment M. Boisclair pour savoir qu'il ne se voulait pas irrespectueux.
    La population encourage parfois la langue de bois, mais cette fois, je suis convaincu qu'ils y verront clair.
     

     
    Référence:

    Tour d'observation - Machine à langue de bois: Les yeux bridés

    Il est de mon opinion que la langue de bois n'apparaît pas de nul part. Les politiciens la perpétue, mais y contribuent aussi: le système, les médias et, on ne peut les en soustraire, les électeurs. J'espérais commencer ce volet de la "Tour d'observation" par un exemple plus obscur mais celui-ci, caricatural, doit être traité.
    Le chef du Parti québécois, André Boisclair, ne s'excusera pas d'avoir utilisé, dans un discours, l'expression «yeux bridés» pour décrire des étudiants asiatiques qu'il a côtoyés à l'Université Harvard.
    Selon M. Boisclair, il s'agit d'une expression aucunement péjorative et sans connotation raciale.
    Il rejette ainsi les allégations de Fo Niemi, du Centre de recherche-action sur les relations raciales, qui l'accuse d'avoir tenu des propos offensants.
    M. Niemi a appelé à la direction du parti pour se plaindre de l'emploi de cette expression, qui a été mal perçue dans la presse anglophone.
     
    Conséquence: La prochaine fois qu'un politicien voudra parler avec des paroles d'être humain et dire que le ciel bleu est bleu, il se ravisera. Ainsi s'alimente la machine à fabriquer la langue de bois. Et les médias, les groupes de pressions et les membres de la population qui encouragent cela par des articles, des communiqués ou des votes en sont au moins autant responsables que les politiciens, qui ajustent leur discours à ce qui leur apparaît comme la seule attitude acceptable qui demeure dans la société et le "zeitgeist".
     
    Dois-je rappeler que les asiatiques ont les yeux d'une forme qu'on nomme "bridés", une définition qui se trouve dans les dictionnaires sans connotation négative. Je me sens presque ridicule de l'expliquer. Comme des millions de gens, je suis fermement et radicalement engagé pour la tolérance (et même là, ce mot est trop timide; je parlerais plutôt de fraternité). Mais la tolérance se cultive à l'air frais. Si l'on fait des crises apoplectiques de rectitude politique là où il n'y a nul besoin, ou si l'on muselle et condamne SANS COMPRENDRE, on pousse l'intolérance dans l'ombre.
     
    Et l'ombre est bien son terreau fertile. Là, ses adhérents sont seuls et tranquilles. Ils ont le loisir de disséminer leur pensée par les voix cachées sont à l'abris de la confrontation à leur propre illogisme. Face à la censure parfois irrationnelle et sans discernement, les gens commencent alors à percevoir le discours intolérant comme celui du rebelle et du véritable opprimé. On idolâtre alors ce parlé oh si "vrai".
     
    Et on se retrouve avec un Le Pen.
     
    Ou pire.
     
    Boisclair a eu raison de refuser de s'excuser.
     
    Au sein de nos sociétés, nous sommes tous responsables de la tournure de la politique.
     

     
    * André Boisclair et les «yeux bridés» sur le site de TVA, avec extrait vidéo
    March 13

    Le Débat

    Jean Charest: La Roche
    Mario Dumont: La Montagne-russe
    André Boisclair: Le Requin
     
    Vainqueur: Le Requin
    March 11

    Chef d'état ou comédien?

    S'il y a une phrase que la postérité devrait retenir de cette campagne:
    Est-ce qu'on choisit un comédien pour jouer le beau rôle, qui nous ferait de la belle façon en toute circonstance, ou si on choisit un premier ministre? [...] Attention, c'est un premier ministre qu'on choisit le 26, pas un comédien. (André Boisclair)
    J'aurais applaudi peu importe la personne l'ayant prononcée. Aussi ironique soit-il que ce soit M. Boisclair qui la prononce, si l'on se rappelle des circonstances ayant mené à la victoire à la chefferie, cette leçon devrait être gravée dans l'esprit de chaque électeur du Québec et du monde pour toujours.
     
    On y a dérogé trop, trop, TROP souvent.
     

     
    Référence:
    sur le site de la SRC
    March 10

    Il était une fois dans le trouble (et je ne parle pas des campagnes de partis)

    Pierre-François Legendre est un comédien de plus en plus populaire. Il est connu pour ses rôles dans Québec-Montréal, Horloge biologique, Il était une fois dans le trouble, Les Invincibles et un nouveau "talk show" à la SRC.
     
    Il est également neveu de Richard Legendre, candidat péquiste et ancien candidat à la chefferie du parti (WaaaAAA-?). Voici un reportage du "Citoyen Leclerc" du site du Parti Québécois. Pierre-François y dit se réjouir du regain d'intérêt qu'il constate pour "la Cause" de l'indépendance.
     
    * Rencontre avec un Invincible! sur le site du Parti Québécois
     

     
    Ressources:
    * Pierre-François Legendre sur Wikipédia
    * Richard Legendre sur Wikipédia

    L'état sous Charest: Un Mini-moi

    On a vu à l'ADQ avoir un certain nombre de candidats ridicules.* On y a vu un grand nombre, aussi, de candidats carrément dangeureux.** Mais le PLQ (y compris Charest) n'est pas en reste. Voici un candidat qui rassemble les deux.

     
    On a entendu déjà les théories sur cette position "menton sur poing". Marc Laviolette disait que les libéraux, maintenant en campagne, se sont dit: "Mentons, mentons, mentons!" et Jean-René Dufort alias Infoman a cru à une charade au sens semblable: le visage signifie "Nous", et le menton signifie... voilà. A-t-on fini de rire du Parti misérable du Québec sous l'Honorable Jean J. Charest? On peut en douter.
     

     
    Notes:
    * Parmi pluuusieurs exemples, un adolescent dont on vante le DEC pas encore complété et l'emploi d'emballeur en épicerie.
    ** Je ne sais pas moi, un (Jean-François Plante, cette idole) qui est contre l'égalité homme-femme, est d'accord avec Barbara Kay sur le Québecistan et dit des insultes racistes sur les Mexicains et les Québécois; un qui dit des propos racistes; un qui lance que l'homosexualité est choisie... et y'a un chef qui, par ses idées économiques et sa position de Premier ministre potentiel, entre peut-être dans cette catégorie.

    Voyage en campagne: Slogans

    Un voyage à travers la campagne électorale. Aujourd'hui: les slogans.
     
    Parti Québécois:
    "Reconstruisons notre Québec", "Oui"

    "Reconstruisons notre Québec" appelle à se joindre à eux, appelle aux rassemblement et, constante des slogans péquiste, la force ("Restons forts",2003; "Faut rester fort au Québec", 1981; "On a besoin d'un vrai gouvernement", 1976), donc celle d'un état actif (social-démocratie, état-providence) et libre (indépendance, souveraineté). Ce n'est pas le slogan qui "roule sur la langue" (rolls of the tongue) le mieux, mais il fait la job.
     
    Il prête toutefois à la critique de la gauche, puisque le PQ va "reconstruire" en partie l'État démoli par Charest (Mont Orford, relation avec les syndicats...) mais, sous Boisclair, omettera (dans un premier mandat) de tout refaire (sous-traitance, garderies à 7$ et non 5$, éolien au privé...).
     
    Finalement, le second slogan: "Oui". Oui, c'est un bon rappel de l'objectif d'indépendance, et possiblement non le seul. Pierre Duchesne (je crois) soulignais à Radio-Canada que les pancartes du PQ sont des quatre couleurs vives de la campagne référendaire de 1995: bleu, orange, rouge, vert.
     
     
    Parti libéral du Québec:
    "Unis pour réussir"
     
    Un slogan insipide et amer à la fois. Je ne lui nierai pas tout mérite, car il est quand même un peu réfléchi: on s'attaque non seulement à la souveraineté mais aussi à la soi-disante "division" que provoque l'ADQ sur les accômôôdements raisônnâbles (une expression si galvaudée m'empêche de la prononcer comme elle le fut trop souvent; j'ai l'impression d'embarquer dans le cirque).
     
    Avant la déroute de Mister (et non "Mystère") Charest sur les risques que fait peser la souveraineté sur partition, les pensions, la couche d'ozone et l'axe de rotation de la terre, il y a eu ce slogan, le premier coup de démago de la campagne libérale qu'on avait oublié, et qui aurait du nous donner un indice sur la suite.
     
     
    Action démocratique du Québec:
    "Au Québec, on passe à l'action"

    La première fois que j'ai zyeuté le slogan adéquiste "Au Québec, on passe à l'action", je me suis demandé, de un, comment j'avais pu ne pas y penser plutôt, et de deux, comment avaient-ils pu attendre plus d'une décennie pour ne pas utiliser cette formule en même temps si évidente et si accrocheuse. Ma deuxième question se répond probablement par la première (car, comme moi, l'ADQ n'y avait pas pensé, malgré l'évidence apparente).

    On peut être d'accord ou non avec la prémisse, mais l'ADQ a pour message que les "deux vieux partis" font dans l'immobilisme ou le recul pour le Québec, alors que l'ADQ "ose", agit, "gets down to brass tacks". De plus, remarquez-le, la formulation permet aux comptés d'adapter le tout pour donner "Dans Taschereau, on passe à l'action", ou "Dans Mercier, on passe à" vous savez quoi. Bon, je vous accorde qu'il n'y a pas trop de danger qu'on "passe" fort-fort à quoi que ce soit qui ressemble à l'Action-D.-Q. dans ce coin montréalo-plateauesque péquisto-uwèfpiste* là.

    En passant, "les deux (ou autre chiffre) vieux partis", comme la tactique qui y est rattachée, est une phrase politique elle-même plus vieille que tous les partis en ce moment reconnus au Québec. Elle fut utilisée par l'ADQ, le PQ et je crois Québec solidaire, le Parti vert, et l'Action libérale nationale (première moitié du 20e siècle) et sûrement beaucoup d'autres.


    Québec solidair
    e:
    "Soyons lucides, votons Solidaire!"

    Commentaire bouffé par la panne d'électricité (mentionnée dans un billet précédent)! Il sera en ligne incessamment.


    Parti vert du Québec:
    "Avançons, c'est vert!"

     
    Ah, vous le savez pitètre pas, mais ce slogan a déjà été utilisé par le Parti vert du Québec. Comme quoi le recyclage est bon pour eux dans tous les domaines. Amusant, même si peut-être un peu facile. Il y a aussi un autre organisation qui utilise ce slogan en ce moment, une entreprise quelconque qui fait de la pub dans le métro, mais je ne me souviens plus de qui!
     

    Les slogans offrent une vision du message que les partis veulent envoyer aux citoyens. Intéressant.
     

    * "Uwèfpiste", en référence à l'UFP, leur résultats comparativement plus élevés dans Mercier (souvenez-vous le vote comparativement, encore, massif pour eux quand Nathalie Rochefort fut élue au poste de gauchiste libérale de service) et Québec solidaire, qui y présente Amir Khadir, leur co-porte-parole et la star nouvellement auréolée par Tout le monde en parle. Histoire vraie: dans un rassemblement politique, j'ai entendu une militante de l'UFP dire le terme "uwèfpiste", sans rire. Ça sonne un brin curieux. C'est ça le problème avec des noms d'même: c'est pas "adjectivable".

    Tour d'observation - Partialité : La souveraineté doit des explications

    Vendredi passé, André Boisclair a passé à l'émission animée par Claude Charron, copie de la britannique "Question Time" et de la française "J'ai une question à vous poser" (sans doute que M. Charron a pris l'idée grâce à son séjour dans l'Hexagone). Des questions ont porté, naturellement, sur le projet d'indépendance politique que propose le PQ (vous ne saviez pas? ah oui, il le "camoufle" si bien).
    Plusieurs thèmes ont été abordés durant l'heure et demie d'échanges et le ton des participants est toujours demeuré poli, même si certaines questions étaient très directes [...] (Presse canadienne)
    Pourtant, qu'est-ce que titre la Presse canadienne?
    Du calme!!! En voyant ce titre, j'ai eu le réflèxe de croire à une autre tuile après l'Affaire Philpot; ET C'EST NORMAL, car c'est l'effet recherché.
     
    C'est ce qu'on appelle communément un "parti pris": "il y a un Parti libéral, on l'a pris". Allez, ne faites pas tout le travail; laissez-en à La Presse & Gesca (qui ont d'ailleurs relayé l'article via Cyberpresse)! C'est à tout le moins d'un sensationalisme douteux.
     

     
    Ressources:
    Souveraineté: André Boisclair doit s'expliquer par la Presse canadienne
    * Question Time sur Wikipédia (en anglais)
    * J'ai une question à vous poser sur Wikipédia

    Et Pan!ne

    Je vous racconte une courte histoire. J'écrivais un long, long billet l'autre jour quand: Pan! La panne. Celle-ci étant d'électricité (courte histoire, hein?). Fichtre. Depuis lors, transi, je lutte avec mon lourd traumatisme et la pas-envie de réécrire la même maudite affaire que la dernière fois. Ça s'en vient, toutefois!
    March 06

    Village global

    Une intéressante vision décloisonnée, décommunautarisée (quoi que quelque peu cynique) de la campagne électorale d'André Boisclair à partir du quartier gai de Montréal.

     

    March 04

    Pauvre toi

    La pauvreté est un absent très regrettable de la campagne électorale qui a maintenant cours. On rivalise de courbettes pour la classe moyenne, que l'on sait surtaxée, mal traitée, meurtrie, martyrisée, torturée, 'hanged, drawn and quartered', en somme. Pourtant, par définition, la classe moyenne est moyennement dans le confort, ou dans le trouble (verre demi-plein...), alors que la classe la plus pauvre est dans le trouble entièrement. Mais peu importe, Mario Dumont en fait son dada (le vrai monde!) et Jean Charest s'est fait élire là-dessus. Résultat...
     
      
     
    Et il vient demander de se faire réélire sur son bilan (garant de l'avenir). Le fardeau fiscal a été non seulement augmenté mais transféré de l'impôt, un système progressif qui se soucie de redistribuer la richesse (même s'il est moins progressif qu'avant et qu'il risque de ne plus l'être du tout avec Dumont comme PM, si on se fie à ses velléités passées), à un système tarifaire qui n'en a cure. Mais on avait promis de baisser les impôts, alors l'entourloupette fut simplement de chercher l'argent ailleurs, où les plus riches s'en sentirait moins tout en donnant l'illusion (tranquille? ...comme ce film documentaire adéquiste) qu'on a réglé, ou même seulement fait, quelque chose.
     
    C'est très exactement le même modus operandi qui s'est opéré lors des coupes de M. Charest dans le système de bourses étudiantes: couper dans ce qui est modulé selon les moyens plutôt que les frais, puisqu'on avait aussi promis de ne pas y toucher (la promesse de cette campagne de les augmenter me semble toutefois encore inique). Ce type de gestion contribue à l'écart entre les riches et les pauvres plutôt que de le réduire.
     
    Comme mentionné plus tôt, les plans de Dumont sont de la même farine, seulement plus pure (et dure? décidément...) encore. Mais André Boisclair n'est pas en reste. Depuis la course à la chefferie, M. Boisclair répète que l'éducation est le "meilleur moyen" de lutter contre la pauvreté. Il déclara aussi, le soir de son élection à la tête du Parti Québécois:
    Grâce aux sacrifices, grâce aux talents de toutes celles et ceux qui ont bâti le Québec moderne, la jeune génération de Québécois et Québécoises d'aujourd'hui est la plus compétente, la plus scolarisée, la plus au fait de la chose internationale que le Québec n'aie jamais connue, et cela n'est pas que le succès des jeunes eux-mêmes, mais c'est le succès de toutes les générations qui les ont précédés et qui se sont investies dans le développement de services publics de qualité, des services en matière d'éducation, des services en matière de santé accessibles à tous.
    Pourtant, l'étude du Centre canadien de politiques alternatives que j'ai citée dans le billet précédent révèle que:
    L’écart de revenu au Canada s’agrandit : En 2004, 10 % des plus riches familles touchaient 82 fois plus de revenus que la tranche de 10 % des familles les plus pauvres – c’est presque trois fois le ratio de 1976, alors que leur revenu était 31 fois plus élevé. Après le passage de l’impôt, l’écart atteint son plus haut niveau en 30 ans.
    Mais, mais... que s'est-il passé? Plus d'éducation égale plus d'écart de richesse? En fait, l'éducation est un moyen important au niveau individuel pour avoir plus de chances d'obtenir une meilleure situation sociale. Toutefois, ça ne saurait être le seul moyen. Il est naturel et nécessaire de donner à nos sociétés les moyens d'agir collectivement sur le système de répartition de la richesse lui-même dans lequel l'individu scolarisé évolue pour assurer un Québec et un monde plus juste à nous-mêmes, nos voisins (nos soeurs et nos frères) et les générations futures.
     
    Le prédécesseur de M. Boisclair, Bernard Landry, avait fait de la lutte contre la pauvreté une priorité ("Je la regarde avec des yeux méchants, comme certains yeux méchants m'ont regardé récemment!", faisant référence au cirque de Christiane Charette), ce qui a donné entre autres la "Loi contre la pauvreté et l’exclusion sociale". Boisclair devra s'acquitter de ses responsabilités sociales-démocrates.
     

     
    Ressource: